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Un bombardier allemand unique au monde de la Première Guerre mondiale

Un bombardier allemand unique au monde de la Première Guerre mondiale

Texte : Martin Cormier

Photographies : Martin Cormier & Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

martincormier@live.ca

En octobre dernier, lors de petites vacances dans la région d’Ottawa, j’ai eu une belle occasion de pouvoir visiter le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada et de rédiger cette chronique sur un bombardier biplan allemand, le G.IV. Et, puisque l’année 2014 sera le centenaire de la Première Guerre mondiale, le musée propose déjà l’histoire particulière de cet avion de l’époque qui y est majestueusement exposé.

Au cours du premier conflit mondial (1914-1918), les hauts dirigeants et généraux de France, de Grande-Bretagne et d’Allemagne ont utilisé de nouvelles technologies à leur portée pour gagner leur suprématie sur des territoires en dépit de nombreuses impasses et de stagnants combats de tranchées. On sait que, de la Première Guerre mondiale à aujourd’hui, l’aviation militaire a été fortement employée pour le combat aérien, mais l’a été aussi pour les attaques au sol. Et, pour ce faire, en 1915, une compagnie allemande, Allgemeine Elektrizitäts Gesellschaft, propose donc à son gouvernement un bombardier biplan à structure métallique, une singulière innovation à l’époque pour un gros appareil de combat. L’Idflieg (Inspektion der Fliegertruppen – Inspection des troupes d’aviation) désigne ce projet de bombardier AEG K I. Allgemeine Elektrizitäts Gesellschaft désigne ce projet GZ 1. Par la suite, il est renommé AEG G.I. La compagnie va produire dix exemplaires de cette version de son bombardier bimoteur triplace. Cette variante donne des performances médiocres. La compagnie va créer et améliorer d’autres versions dont le G.II et le G.III.

La version G.IV entrera en service à la fin de 1916. Plusieurs modifications sont faites pour ce bombardier allemand. Son revêtement est fait d’entoilage à motifs géométriques particuliers de camouflage. Ses autres particularités sont un système de combinaisons chauffantes électriques qui est possiblement une première pour la compagnie AEG. Même si la position de tir du mitrailleur arrière est située sur le dessus du fuselage, celui-ci dispose d’une fenêtre à charnière aménagée dans le plancher et par laquelle il peut observer et mitrailler tout assaillant.

Son envergure est de 18,4 m (60 pi 4 po) sur une longueur de 9,7 m (31 pi 10 po) et une hauteur de 3,9 m (12 pi 8 po). Son poids à vide est de 2488 kg (5486 lb) et son poids maximal est de 3664 kg (8079 lb). Le bombardier allemand avait une vitesse de croisière de 145 km/h (90 mi/h). Sa vitesse maximale était de 165 km/h (103 mi/h), sa capacité de vitesse de montée était de 1000 m (3280 pi)/5 min et son autonomie était de 652 km (405 mi). Le G.IV avait deux moteurs en ligne Daimler-Mercedes D.IV de 260 ch. Toutefois, à la suite de la disparition de ses moteurs dans les années 1950, ils ont été remplacés par deux D.III de 160 ch. Limités surtout aux missions de bombardement tactique près du front en raison de leur faible autonomie comparée à celle des Gotha et Friedrichshafen, les G.IV ont effectué des missions de jour et de nuit, mais avec l’évolution du conflit, ils ont fini par être réservés aux missions nocturnes. Les bombardiers G.IV ont, par exemple, participé à plusieurs raids en Roumanie, en Grèce, sur les villes italiennes de Padoue, Venise, Vérone, etc. Nombre de ces dernier le furent comme des raids de harcèlement sans cible précise, mais visant surtout à déranger fortement les opérations des Alliés.

En 1919, AEG G.IV a été expédié comme trophée de guerre et ses tribulations au cours des 40 années qui ont suivi sont mal connues ainsi que pour la disparition de ses moteurs Mercedes de 260 ch. Dans les années 1950, il a été entreposé au Musée canadien de la guerre. En 1969, il a été restauré par le 6e Dépôt de réparation de l’Aviation royale du Canada (ARC) qui a monté les moteurs qu’il possède maintenant. Le G.IV est finalement acquis par le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada à Ottawa en 1970. Exposé au Musée depuis lors, il est le seul et unique exemplaire d’un avion multimoteur allemand de la Première Guerre mondiale qui a survécu jusqu’à ce jour.

Pour leur aide précieuse à la rédaction de cet article, un grand merci est adressé à Mme Renée Racicot, à M. Rénald Fortier et à M. Stephen Quick du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada.

Source principale & photographies autorisées pour cet article :

  • Musée de l’aviation et de l’espace du Canada
  • Consultation Internet : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada 
  • Section : Les collections du Musée (Allgemeine Elektrizitäts Gesellschaft G IV)

http://aviation.technomuses.ca/les_collections/artefacts/aeronefs/AEG_GIV/

Autres sources d’information

  • Wikipedia,

http://fr.wikipedia.org/wiki/AEG_G.IV

http://fr.wikipedia.org/wiki/AEG_G.I

Pour les fans d’aviations de la Première Guerre mondiale, un livre est disponible et qui concerne l’AEG.GIV. Pour plus d’information, vous pouvez visiter le lien internet : http://www.windsockdatafilespecials.co.uk/51aeg-giv-388-p.asp

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