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Rêver d’océan!

Article de Georges Leblanc

Ça commence par la vision d’images de mer et d’action, lesquelles forcent l’imaginaire et donnent le goût de découvrir ce mystérieux milieu par la recherche d’aventures, de découvertes et de grands espaces. Celui qui veut devenir équipier aura la chance de se dépasser en bien des occasions. C’est en naviguant dans toutes sortes de conditions qu’il assimilera au fur et à mesure les nombreuses connaissances requises tout en développant les aptitudes qui feront de lui le bon marin que tout skipper désirera à son bord.

Au cours des douze dernières années, 115 personnes ont traversé pour une première fois l’océan Atlantique en devenant équipiers sur un de mes voiliers de courses océaniques. Tout près de la moitié de ces rêveurs d’océan ou marins d’eau douce naviguaient déjà sur le fleuve Saint-Laurent ou sur des lacs, tandis que les autres découvraient le monde de la voile sur une traversée océanique. Depuis 2013 « l’Équipe de Voile Océanique Georges Leblanc » collabore intensément avec le « Groupe Esprit de Corps » sur le projet « Destination 2014 » en faisant la formation d’une vingtaine de dirigeants d’entreprises désirant se dépasser en devenant équipiers à bord de mon voilier. Après deux années de formation, les groupes Alpha et Delta sont prêts à réaliser leur rêve, entraînés pour se lancer sur une grande traversée.

Est-ce que le rêveur sera conquis ou déçu par l’immensité et la puissance de l’océan? Est-ce que son rêve correspondra aux exigences de ce milieu toujours en mouvement? Est-ce qu’il sera à la hauteur de son rêve lorsque celui-ci deviendra réalité? De quelle manière vivront-ils cette grande aventure avec leurs coéquipiers?

Lorsque ces friands d’aventures se présentent à moi en me proposant leur disponibilité et en se disant de bons marins prêts à tout pour naviguer à mon bord, je ne peux m’empêcher de leur sourire. Nombreux sont les gens qui suivent nos incroyables aventures, nos grandes navigations transatlantiques à bord de nos coursiers océaniques. Inévitablement, cela capte leur imaginaire. Plusieurs d’entre eux se laissent entraîner dans la rêverie; ils se voient marin ou même capitaine, voguant au grand large sur de longs bords, loin des côtes familières et de la civilisation. Ils commencent à « rêver  d’océan »; soit qu’ils ne se doutent pas de ce que naviguer exige d’un humain ou qu’ils se questionnent à savoir s’ils sont aptes à être ou devenir de bons marins. Moi, devenant leur skipper, j’espère qu’ils soient peut-être de ces personnes possédant un sens inné pour aller en mer. C’est là que la question se pose…

C’est exact de dire que « C’est dans la tourmente que l’on découvre les vrais marins ». Mais les hommes de mer se révèlent aussi dans la capacité qu’ils ont à s’adapter aux situations prévisibles ou imprévisibles, ce qui fait que toujours ils se plaisent à naviguer et encore à rêver d’océan dès qu’ils ont regagné le port.

La mer forge les marins à la dure!
À la fréquenter, ils développent l’humilité, le dépassement. Ils apprennent à mieux se connaître, à vivre le moment présent, à apprécier ce que la mer nous offre de bon et à s’adapter aux contraintes qu’elle impose fréquemment aux hommes qui s’y aventurent.

L’examen permettant d’évaluer le marin se vit vraiment que lorsque tous azimuts seule la rotondité de la terre n’est visible, sur une mer rassemblant diverses conditions pouvant être éprouvantes et méconnues des terriens. Malgré lui, sorti de sa zone de confort, s’il se plaît dans ce monde, s’il réussit à composer avec les éléments et les autres équipiers qui comme lui se doivent d’être compétents, disponibles, bien intentionnés, fiables en tout temps peu importe la situation et à la recherche de l’harmonie, à ce moment il pourra être considéré comme un « marin accompli ». Il sera de ceux qui mériteront ma confiance.

 

Par Georges Leblanc, skipper

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