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L’avenir de la motoneige hors sentier

Motoneige hors sentier

Où allons-nous, je vous le demande, avec le hors-piste? Bien peu de gens sont capables, à l’heure où vous lirez ces lignes, de vous dire comment va se développer la motoneige hors sentier.

Depuis ces dernières années, nous vivons une époque extraordinaire. Les DVD,  Internet avec les YouTube, Daily Motion, Facebook, Twitter et bien d’autres supports nous abreuvent de photos et de films mettant en scène Burandt, Miku Rasmussen, Kyle, Gilmore ou des amateurs avec leur Go Pro effectuant des figures de plus en plus délirantes, voire complètement dingues, et tout cela dans 5 à 10 pieds de poudreuse! On est bien loin des clichés des bonnes vieilles Touring évoluant sur un beau sentier surfacé!

Logiquement, la génération montante (16-25 ans) se doit donc de ne pas seulement rêver devant autant de tentations… mais de passer à l’acte en se disant : « Pourquoi pas moi? » Le résultat n’a pas tardé à se remarquer chez certains concessionnaires! Chaque année, les Summit, M 8000, RMK et autres Nytro doublent et même triplent leurs ventes. Tous les ans, chaque modèle est allégé et perfectionné. Les suspensions deviennent de plus en plus fantastiques et la qualité de conduite de ces motoneiges dites « hors sentier » devient plus rapidement accessible à tous.

Bien évidemment, les accessoiristes et motoristes se frottent les mains et redoublent d’ingéniosité pour en profiter et mettre ainsi sur le marché une quantité impressionnante de produits dérivés de qualité et spécialisés dans le hors-sentier, style système d’échappement (même s’ils sont interdits au Québec), turbos, skis, casques, lunettes, pelles, bottes, blousons, etc.

Et là le problème se pose…
Depuis le début nous parlons bien de « hors sentier » qui veut bien dire que nous ne sommes pas dans les sentiers!!! Tous ces motoneigistes sont donc livrés à eux-mêmes, évoluant sur des terres privées, de la Couronne ou encore dans les zecs ou les fameuses lignes d’Hydro, tout cela, très souvent avec des silencieux hors la loi, sans aucun contrôle et sans aucune sécurité.

Cela devient sérieusement problématique pour la Fédération des clubs de motoneigistes (FCMQ)  qui, outre le fait que beaucoup d’entre eux ne prennent pas leurs passes de sentier, d’autres encore moins respectueux ne se gênent pas pour passer dans les ravages d’orignaux, les plantations de jeunes arbres ou même encore les terres complètement privées, et ce, sans autorisation de leurs propriétaires. Comment encadrer cette nouvelle génération de motoneigistes qui n’ont qu’un seul but : vivre leur passion en toute liberté et sans contrainte? La FCMQ se devra donc de trouver des solutions rapides. Certes, la tâche ne sera pas facile de contenter tout ce petit monde qui s’éclate chaque hiver.

La création de parcs réservés au hors-sentier est une des conversations qui reviennent le plus présentement. L’idée n’est pas mauvaise. La question que l’on peut se poser est : « De quelle taille pourraient être ces parcs? » Il est évident que s’ils sont trop petits, peu de motoneigistes s’y intéresseront. Le but du hors-piste est d’évoluer dans de la poudreuse vierge et non pas de se retrouver dans un champ de mines avec des tranchées partout, exécutées par nos prédécesseurs! Trop grands, ils risqueront de rentrer en conflit avec les parcs de la Sépaq et la gestion des accès, tout comme celle de la sécurité, serait loin d’être simple! Les réaliser dans des zecs? L’idée n’est pas mauvaise, mais la cohabitation avec les propriétaires de chalets s’annonce très compliquée!

De plus, comment faire pour récupérer la baisse des ventes des passes de sentiers? Sous prétexte de ne faire que du hors-sentier et de ne pas se servir des sentiers fédérés, beaucoup d’entre eux ne prennent pas leurs passes. Résultat : la Fédération reçoit moins d’argent et les clubs en subissent donc les conséquences.

Je suis moi-même un adepte du hors-sentier et je guide d’autres adeptes de surcroît. Je dois réaliser environ 5000 à 6000 km par hiver en sachant que 70 % de mes randonnées sont en hors-sentier. Pourtant, chaque saison, je prends ma passe malgré son coût plus élevé tous les ans. Pourquoi? C’est simple et je suis sûr que beaucoup d’entre vous sont dans le même cas : pour vous rendre dans vos endroits de hors-sentier, vous empruntez une portion de sentier surfacé. Vous profitez donc du système! Vous devez alors acheter votre passe. C’est simple et logique. Maintenant, vous me direz : « Oui, mais par rapport à un motoneigiste qui passe 100 % de son temps sur les sentiers, on ne devrait pas payer autant que lui, car nous les utilisons seulement dans une proportion de 20 ou 30 %! » Effectivement, le ratio n’est pas bon, je vous l’accorde, mais vous les utilisez quand même! Seriez-vous donc d’accord pour un « droit de passage hors sentier » à 180 $, qui pourrait intégrer une assurance identique à celui de sentiers actuel mais moins cher? Nous ne fréquentons que minimalement les sentiers! Pas simple tout ça! Beaucoup de motoneigistes de sentiers en profiteraient pour prendre le moins cher des deux!!!!! Cela deviendrait un casse-tête pour les clubs. À moins de présenter son enregistrement lors de son achat!

Une autre solution consisterait à payer sa carte de sentier à la SAQ lors du paiement de notre plaque. Pourquoi pas? Seriez-vous d’accord pour la création d’une Fédération des clubs de motoneigistes hors sentier du Québec : la FCMHSQ?  Pas sûr que cela plaise à sa consœur, la FCMQ, son aînée. À moins qu’elle-même se divise en deux! Je ne suis pas là pour aider la FCMQ à trouver des solutions pour récupérer de l’argent auprès de tous ceux qui ne payent pas leur carte de membre… mais simplement jeter sur un papier des idées ou des façons qui pourraient être entreprises de manière à ce que tout le monde puisse s’entendre le mieux possible! Après y avoir réfléchi depuis plusieurs saisons, je pense sincèrement qu’il ne va pas être simple de trouver une solution qui satisfera autant les « sentiéristes » que les « horspisteux » : le fédéral ou le provincial, les zecs, les réserves, la Sépaq ou autre organisme écologiste!

Je reste un peu pessimiste quant à l’avenir de la motoneige hors sentier. Le  Québec restera-t-il toujours la province de rêve pour TOUS les motoneigistes? Je l’espère de tout coeur… Peu importe votre style de motoneigiste, sentier ou hors sentier, il faudra bien qu’une ou des solutions soient trouvées pour que tout le monde y trouve son compte de façon harmonieuse.

Et si nous tous, motoneigistes (sentier ou non), organisions un « Woodstock » de la motoneige ou un lac-à-l’épaule géant…. 175 000 personnes dans les monts Valin pour parler de l’avenir de notre sport préféré! …. Bon, j’arrête de délirer!

Votre avis nous intéresse. Postez vos idées sur notre page Facebook de l’ADMDQ – Association des motoneigistes du Québec.

Motoneigement vôtre,

Christophe Dandurand, Directeur
Association des motoneigistes du Québec
www.admdq.org

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