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Essai de l’EC130 T2

Essai de l’EC130 T2 d'Airbus Helicopteres

Au cours de ma carrière de pilote commercial et instructeur de vol, j’ai eu l’occasion de piloter plusieurs types d’licoptères. C’est toujours agréable pour moi de faire l’essai d’un appareil que je ne connais pas. J’ai donc eu ce plaisir dernièrement, en m’asseyant aux commandes pour un vol avec le nouvel EC130 T2.

Mon expérience de longue date avec les produits de la marque Eurocopter, devenue Airbus Helicopters, m’a permis d’apprécier mon vol d’essai et de comparer les caractéristiques de l’EC130 avec l’AS350 AStar de cinq passagers et le petit EC120 Colibri de quatre passagers. L’EC130 est l’évolution de l’AS350 B3. On lui a donné la désignation « B4 » pour en spécifier le lien. Pour la nouvelle version, la désignation « T2 » remplace « B4 ». On ne doit donc pas le nommer « B4 T2 », mais bien EC130 T2. C’est un hélicoptère monomoteur pouvant transporter six passagers en configuration normale, en plus du pilote. Il est de tonnage intermédiaire avec une masse maximale au décollage de 5512 lb.

À l’écoute de ses clients, Airbus Helicopters produit le T2 pour répondre à leurs exigences. Il se veut donc une évolution du B4 et, de ce fait, ce dernier n’est plus produit. Le T2 incorpore une multitude d’évolutions pour augmenter ses performances, sa simplicité, son confort et sa fiabilité, tout ça sans augmenter son coût d’opération par rapport au B4.

Un grand avantage du T2 réside dans sa simplicité d’opération. Ses systèmes, comme le contrôle digital du moteur FADEC double circuit et le système double hydraulique, éliminent pratiquement toute possibilité de défaillance de la régularisation de puissance moteur et de panne hydraulique complète. La sécurité en est donc grandement améliorée et il devient inutile de s’entraîner à ces procédures d’urgence, ce qui fait que la qualification sur type est plus facile.

En vol, plus spécifiquement en stationnaire, son pilotage ressemble plus à celui de l’EC120 qu’à celui de l’AS350. Ce dernier étant plus instable et nerveux en effet de sol, le pilote travaille plus fort pour le tenir à sa place, ce qui cause, occasionnellement, des atterrissages un peu moins élégants. Équipé d’un rotor de queue de type Fenestron comme le Colibri, le 130 est très stable en effet de sol et les atterrissages en sont facilités. Pour un pilote n’ayant jamais expérimenté le Fenestron, un peu d’anticipation quant à la déflexion des pédales sera nécessaire, mais comme le contrôle du lacet est une question d’instinct de pilotage, il s’acclimatera facilement à cette caractéristique. Le confort en vol est assuré par le système actif de contrôle de la vibration, qui augmente sensiblement la sensation d’être sur un tapis volant.

Le T2 a beaucoup à offrir aux pilotes privés recherchant la simplicité d’opération et la tranquillité d’esprit comme aux opérateurs pour qui les performances, la durée de vie du moteur et les coûts d’opération font la différence entre pertes et profits.

 

Par Patrick Lafleur
Chef pilote de Passport Hélico et Hélibellule

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