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Escapade de filles… dans les Hautes-Laurentides

Hautes-Laurentides Pourvoirie Mekoos

Deux filles motoneigistes seules et abandonnées dans les Hautes-Laurentides… Non… plutôt lancées à l’assaut des sentiers des Hautes-Laurentides! Que demander de plus? Absolument rien, car tout est présent pour optimiser un séjour passionnant!

Jour 0 : Se rendre à la pourvoirie Mekoos
Je pars du Saguenay pour me rendre jusqu’à Mirabel où Marie-Andrée Robert m’attend pour effectuer la deuxième partie du trajet : nous rendre dans le nord de Montréal, direction Mont-Laurier. Nous filons vers l’inconnu. Deux filles, nos amours à la maison et, derrière mon camion, notre passion : la motoneige! Les directions reçues sont d’une simplicité désarmante… Nous nous fions plutôt aux pancartes et réussissons, malgré la noirceur, à être sur le bon chemin forestier, dans un couloir blanc et bien entretenu mais pas très large pour mon gros camion et la remorque.

Le Mekoos, une auberge ou une centrale hydro-électrique?
Il fait noir. Nous sommes seules, en plein cœur de nulle part. Tout à coup, Marie-Andrée pointe une lumière éblouissante et demande tout innocemment : « C’est là? » Le Mekoos nous apparaît dans toute sa splendeur, illuminé telle une centrale hydro-électrique. Je freine et réussis tout juste à tourner dans la cour sans que rien n’y paraisse. J’espère que ma manœuvre passera inaperçue.

Bobby, un des propriétaires, vient nous accueillir chaleureusement. Sa première phrase étant : « Tu roulais pas mal vite!!! » Pas très « incognito, finalement! Nous commençons par sortir la motoneige de Marie-Andrée dans la remorque. Elle éprouve des difficultés à le démarrer, mais a un truc tout prêt : un tournevis qui fait un lien direct entre les deux pôles de la batterie qui fonctionne à merveille!  Il ne reste que la mienne, une Backcountry, à sortir de la boîte de mon camion! Je contrebraque le camion et la remorque pour en dégager l’arrière, mets la motoneige sur le reculons et donne du gaz. Elle sort rapidement de la boîte. « C’est comme ça qu’on fait chez nous : Boum! Boum!

L’auberge, du pur luxe
Cette auberge est spacieuse, luxueuse et tout simplement majestueuse. Elle est construite avec des matériaux nobles et de cinq chambres. La pourvoirie offre également 10 chalets pouvant accueillir des groupes. L’ambiance est conviviale et Bobby nous offre d’utiliser le sauna (avec plongeon dans un trou de glace) ou le spa extérieur. La tentation est forte mais la fatigue du voyage nous rattrape.

Jour 1 : On se laisse aller dans les grands espaces (344 km)

Du Mekoos au Rabaska Lodge (sentiers 53, 33, 13 et 322)
Voilà, nous nous élançons dans les sentiers du club Coureurs des bois, qui sont tout simplement sublimes! Larges, parfaitement surfacés et presque sans traces au sein d’un magnifique pays blanc, nous naviguons comme des exploratrices.

Pourvoirie des 100 Lacs
Malgré un soleil éclatant, il fait un froid sibérien. L’arrêt à la Pourvoirie des 100 Lacs est bienvenu pour nous réchauffer avec un bon café chaud. Le chef, Christian Brière, nous fait visiter et  nous offre quelques bouchées, ce qui nous ravigote et nous permet de reprendre la route.

La pourvoirie du Fer à Cheval, un ancien club sélect privé, porte parfaitement son nom. En effet, il est construit en U, tel un fer à cheval. Nous y sommes accueillies chaleureusement par Marjo et Cécile. L’endroit se prête à merveille à un shooting photo, comme le dit si bien Marie-Andrée. Leur mascotte, un bébé lynx naturalisé, fait fureur.

Le soleil décline tranquillement lorsque nous arrivons à la Pourvoirie Notawissi. Quel endroit agréable en compagnie de Françoise, qui est un peu inquiète en apprenant qu’il nous reste encore un bon trajet à faire. Étant toutes deux de bonnes motoneigistes, nous ne sommes pas du tout anxieuses et prenons (encore) des photos avant de repartir.

Rabaska Lodge
Rabaska Lodge (sentiers 13 et 322)
Il nous faut redescendre par Sainte-Anne-du-Lac afin de prendre le sentier 322 et remonter jusqu’au Rabaska. Notre randonnée se fait à la noirceur et cela agrémente énormément le voyage. Les sentiers sont très bien indiqués et de qualité exceptionnelle. Nous arrivons un peu plus tard que prévu, mais nos hôtes nous accueillent à bras ouverts. Ici, l’hébergement se fait exclusivement en chalet. Dès l’entrée dans le chalet no 1, face au Baskatong, nous nous sentons comme chez nous.

Dominique Coquel et Martin Gamache viennent nous rejoindre au Lodge pour le repas. Le contact est facile et nous remarquons immédiatement que ce sont deux passionnés de la vie qui ont concrétisé leur rêve en modifiant le site du Rabaska pour en faire un endroit de villégiature convoité. Martin m’apprend qu’il est un adepte de hors-piste. Il adore la liberté qui y est associée et ne se promène presque plus dans les sentiers du secteur. Le frugal repas (table d’hôte motoneige) restera imprégné à vie dans mes papilles gustatives et cela complète merveilleusement bien cette journée au grand air.

Ici, on sent immédiatement que toute l’équipe du Lodge ont à cœur de faire une différence et travaillent de concert pour optimiser l’expérience du motoneigiste. J’avoue que ce couple m’a littéralement conquise par leur simplicité, leurs valeurs et leur implication. Ils se sont engagés à faire une différence autour d’eux et réussissent exceptionnellement bien à transmettre l’étincelle.

Jour 2 : Éblouies par les Hautes-Laurentides! (350 km)
Nous redescendons vers le mont Saint-Michel et Ferme-Neuve par le sentier 322. Un peu confuses avec les panneaux directionnels du secteur, nous finissons par arriver au Relais Windigo en suivant notre instinct. Nous apprécions particulièrement le superbe décor et, au menu, les bouchées diablement pimentées, spécialité Montagne du Diable!

À quelques pas, près du relais, le bruit de l’eau nous attire irrésistiblement dès l’arrêt de nos motoneiges. Les chutes Windigo ressemblent à un rideau qui s’ouvre sur un univers tout simplement féerique! Je suis subjuguée! Selon moi, une chute se décrit comme un amas d’eau qui tombe férocement dans le vide et qui s’éclabousse dans le bas, créant une brume cristalline. Mais non, ici, c’est tout doux, en raison de la pierre plate d’une hauteur de 9 m sur laquelle l’eau glisse rapidement avant de couler dans la rivière. Je grimpe tout en haut afin de profiter de tous les points de vue offerts et de méditer un peu sur la chance que j’ai, comme motoneigiste, de pouvoir profiter de si beaux paysages.

La veille, un motoneigiste m’a conseillée de me rendre aux tours TP. Comme de raison, suivre une petite pancarte toute simple nous amène à explorer facilement l’autre versant de la montagne avant de retourner au Relais de la Montagne du Diable. Son emplacement sur le sommet de la montagne permet une vue imprenable du secteur.

Nous nous rallongeons un peu vers Maniwaki (230 km)
Nous poursuivons ensuite notre journée en profitant d’un sentier moins utilisé traversant le réservoir Baskatong. Nous y découvrons La pointe à David, une pourvoirie située en plein centre du réservoir, pour ensuite nous rendre jusqu’à Maniwaki et revenir.

Soirée de filles à Mont-Laurier
Le Comfort Inn de Mont-Laurier est situé directement face au sentier de motoneige du P’tit Train du Nord. Je suis impressionnée par le stationnement qui est déjà plein de camions, remorques, quads et motoneiges. Nous réussissons à nous faire un p’tit trou en plaçant nos motoneiges dos à dos. Un préposé au stationnement est présent et m’explique qu’il les attache toutes avec un fil électrifié relié à un système d’alarme central. Ce système doit décourager les voleurs à 100 %!

Une petite relaxation dans le spa avant un bon souper quatre services à la Cage aux Sports adjacente à l’hôtel nous ravigote pour la soirée. Nous nous mettons sur notre 18 (la moitié du 36, car nous sommes en motoneige!). Nous n’avons pas le kit complet de la sortie de filles officielle, mais il reste que nous sommes quand même assez présentables pour sortir!

Le Bistro Resto Pub est l’endroit par excellence avant 23 h avec son excellent DJ et son p’tit drink local flambé qui est tout simplement délicieux. Ensuite, nous traversons à la discothèque « Au Max» pour aller danser. L’ambiance est électrisante et la musique invite à brûler nos dernières énergies sur la piste de danse. Plusieurs motoneigistes sont présents. Disons que nous sommes assez faciles à reconnaître (certains dansent même en semelles de bottes!). Beaucoup de plaisir, mais la chaleur de l’endroit et la fatigue prennent le dessus.

La cerise sur le sundae! Retour au Mekoos (100 km) (sentiers 63, 53 et 319)
Nous prenons le sentier du P’tit Train du Nord dont je connaissais la réputation. Quelle merveilleuse piste! C’est large, parfaitement surfacé et un pur délice à conduire. Que demander de plus? Tout y est! L’arrivée à l’Auberge du Mekoos est trop rapide. Billy me demande innocemment : « Est-ce que tu utilises la même méthode pour rembarquer ta motoneige? » Un p’tit comique celui-là…

Les Hautes-Laurentides : Une piqûre à attraper
En repensant aux Hautes-Laurentides, il me vient immédiatement à l’esprit : haut de gamme et qualité supérieure. Toutes les personnes rencontrées sont accueillantes, chaleureuses et souriantes. Tous et toutes ont à cœur de promouvoir et de faire une différence positive dans notre séjour. J’ai presque oublié de vous parler des paysages immenses d’hiver enneigés et féeriques qui se démarquent également. Le plus important comme motoneigiste, ce sont les sentiers exceptionnels. En effet, les leurs m’ont vraiment impressionnée. Dès que j’aurai l’occasion d’y retourner, ne vous inquiétez pas : je connais le chemin maintenant!!!

Un grand merci à Christine Labrecque de l’ATR Hautes-Laurentides pour l’organisation du circuit extrêmement bien planifié, une vraie professionnelle!

Lanie Chénier, Directrice générale
Association des motoneigistes du Québec
www.admdq.org

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