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Comment prévenir la corrosion

Comment prévenir la corrosion de votre avion

En 1988, un Boeing 737 de la compagnie Aloha Airlines subissait une désintégration partielle en vol lorsqu’une section de 18 pieds du fuselage déchira. Les dommages étaient liés à la fatigue des matériaux et le coupable était la corrosion.

La corrosion est une maladie qui afflige de nombreux aéronefs vieillissants. Mis en service en 1969, le Boeing 737 d’Aloha Airlines était âgé de près de 20 ans au moment de la catastrophe. L’âge n’a pas seulement de l’incidence sur les avions commerciaux. Bon nombre d’aéronefs de l’aviation générale en service aujourd’hui ont plus de 20 ans. Il est important que les pilotes et propriétaires soient conscients des effets nocifs de la corrosion et des moyens pour y faire face.

Il existe un grand nombre de types de corrosion. La corrosion directe en surface est la plus courante et est due à la réaction du métal avec l’oxygène. La corrosion galvanique, quant à elle, est provoquée par le contact de deux métaux différents, reliés par un électrolyte. Il y a aussi la corrosion par piqûre intergranulaire, sous tension, sous fatigue et de contact.

Afin que la corrosion se produise, quatre conditions doivent exister : un métal déjà soumis à la corrosion (anode), des métaux en contact l’un avec l’autre (cathode), la présence d’un liquide conducteur continu (électrolyte) ou un contact électrique entre l’anode et la cathode (rivets et boulons).

Connaissant ces conditions, il est plus facile d’avoir un regard éclairé sur la question de la corrosion. Il faut aussi garder à l’esprit le fait que la corrosion peut être externe et visible ou interne et hors de vue. C’est souvent cette corrosion « invisible » qui crée des problèmes. L’un des coupables que tout propriétaire devrait vérifier fréquemment est l’isolation en fibre de verre. L’isolation absorbe l’humidité, créant ainsi une tendance à la corrosion de se produire dans certaines zones « hors de vue ».

L’une des meilleures mesures de prévention à prendre, en particulier dans les zones invisibles, est de pulvériser l’intérieur du fuselage et des ailes en aluminium avec un bon protecteur anticorrosion. Le mieux est d’effectuer le traitement par une journée chaude, car cela aide le protecteur à pénétrer entre les surfaces métalliques.

Afin d’évaluer la propension d’un aéronef à être touché par la corrosion, une des premières choses à faire est de déterminer où l’aéronef a passé la plus grande partie de sa vie. Les zones qui sont les plus enclines à la création de corrosion sont les zones humides, en particulier celles à proximité de l’eau salée. Même si votre avion n’est pas actuellement dans une zone humide, cela ne vous éloigne pas nécessairement du problème. Une fois la corrosion commencée, si elle n’est pas contrecarrée, elle rongera les métaux jusqu’à ce que finalement l’aéronef ne soit plus en condition de navigabilité.

Afin d’effectuer de la maintenance préventive, ayons en tête que votre aéronef est en danger de souffrir d’une attaque corrosive. La question est maintenant de savoir comment vous allez protéger votre bien le plus précieux. Et bien, deux traitements anticorrosion sont reconnus par la communauté de l’aviation générale comme étant efficaces : ACF- 50 et Corrosion X. Les deux peuvent être appliquées à l’ensemble de la structure et chacun protège de la corrosion visible et invisible. Corrosion X arrête le développement de la corrosion pendant 2 ans. De plus, en raison de son faible niveau de solvant, il peut être utilisé sur des éléments électriques et est un excellent lubrifiant pénétrant. L’ACF- 50, de son côté, est sur le marché depuis plus de 25 ans et protège aussi bien que le Corrosion X.

Qu’en est-il maintenant de la corrosion sur les surfaces extérieures? Lorsque cela se produit, une approche directe est la voie à suivre. À l’aide d’un bon vieux papier sablé, la corrosion extérieure doit être supprimée. Une fois cette tâche accomplie, une zone en aluminium doit être traitée avec une solution légère d’acide phosphorique, suivie d’une couche d’alodine et d’un apprêt au chromate de zinc. Si la zone est en acier, utilisez un apprêt Rust-Oleum.

Depuis plusieurs années maintenant, lorsque les nouveaux avions quittent l’usine d’assemblage, l’intérieur des ailes et du fuselage est enduit de chromate de zinc. Il ne faut cependant pas croire qu’ils sont à l’abri de la corrosion. Avec les années, la qualité protectrice du zinc perd de son efficacité. Par conséquent, les aéronefs de 20 ans ou plus peuvent très bien avoir besoin d’un traitement protectif.

Dans la mesure où un homme averti en vaut deux, prenez des dispositions afin de protéger votre avion dès aujourd’hui!

Par Jonathan Blais

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